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Les jeunes Maliens : Acteurs actifs dans le Processus de DDR-SSR


Les 28 février, le 1er et 2 Mars 2019, la Section RSS-DDR de la MINUSMA a organisé à Bamako un atelier d’information et de sensibilisation au profil de 120 jeunes Leaders sur le Processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR), la Réforme du Secteur de la sécurité (RSS. L’atelier de trois jours a été une opportunité pour partager les bonnes informations relatives au processus de SSR-DDR aux membres du Mouvement national de la société civile Maliden (MNM), venus des régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Bamako. Les participants ont été outillé sur les Processus de SSR et DDR qui sont indispensables à la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale.

Pris part à l’atelier, le Président du Comité Exécutif Conseil National de la Jeunesse, Monsieur Souleymane Sidibé, Directeur national de la jeunesse du Ministre de la Jeunesse, de l’Emploi et de la Construction Citoyenne, les responsables de la section RSS-DDR de la MINUSMA, Sailfou Coulibaly et Eric Blaise, et le chercheur en SSR-DDR Hafizou Touré. Dans son discours, Éric Blaise de la Section SSR-DDR a souligné que la MINUSMA est convaincue du rôle que peut jouer les jeunes leaders dans la sensibilisation et l’appropriation du processus SSR-DDR afin que les informations atteignent tous les jeunes du Mali.

Au premier jour de l’atelier, une leçon introductive sur l’Accord pour la paix et la réconciliation a été exposée par Dr. Lala Mint Mohamed, Vice-présidente des autorités intérimaires du cercle de Almoustarat de la région de Gao. « Tous les maliens doivent travailler ensemble pour le développement et la sécurité du Mali. Le CSA a donné feu vert pour le recrutement de 400 femmes non armées pour le DDR », disait-elle. La Section de l’Information publique de la MINUSMA a présenté les différentes composantes civiles et uniforme de la Mission, allant de la Force militaire, la Police des Nations Unies jusqu’aux sections substantives et les sections de soutien. Les principaux axes du mandat issu de la Résolution 2423 du Conseil de Sécurité, les nouvelles priorités de l’ONU pour le Centre - notamment le rétablissement de l’autorité de l’État, la protection des civils et la stabilisation - ont attiré l’attention des jeunes participants.


Les jeunes ont pu débattre tant des questions pertinentes sur le RSS tels que la faible gouvernance de l’arsenal sécuritaire et policière de l’État, la crise sociopolitique et la recrudescence de l’insécurité. Ils ont compris que c’est pour ces raisons que les autorités Malienne ont décidés de réformer le secteur de la sécurité en engageant des acteurs étatiques et non étatiques, déterminés à conjuguer les efforts permettant de donner un nouvel élan à la sécurisation des personnes et leurs biens à travers tout le territoire Malien. Le deuxième jour de l’atelier a été vivement animé par des débats, questions et réponses. Les jeunes venus des huit régions ont exprimé différents défis sécuritaires et des besoins prioritaires dans leurs zones géographiques respectives.

Le chef du comité régional du mouvement Maliden de Tombouctou a alerté les participants sur le besoin de désarmer les jeunes de la région qui « commencent dans la quête des armes. Le trafic d’armes est répandu à Tombouctou, c’est devenu un business », exprimait-il. Il a appelé le gouvernement à sécuriser l’axe Tombouctou- Sévaré et le cantonnement dans la ville de Sévaré pour faciliter la libre circulation des biens et des personnes.

Considérant les problèmes du Centre, Salifou Coulibaly de la Section SSR-DDR a indiqué que la MINUSMA n’a pas de cantonnement dans la région de Mopti, mais le CNDD a retenu le Centre de Soufroulaye qui pourrait servir pour un désarmement civil dans le cadre de la réduction des violences communautaires (RVC).

Certains jeunes ont désiré interpeller le gouvernement pour préciser qu’au Mali ce n’est pas un problème de rébellions mais plutôt de banditisme. D’autres, ont souligné qu’aujourd’hui, c’est le terrorisme et non les groupes armés, qui rentre en jeu au Mali. Pour y Faire face, Eric Blaise de l’unité SSR de la MINUSMA a insisté sur le rôle central que la société civile et les populations locales peuvent jouer dans les processus de SSR et de DDR.

Le rôle et place des jeunes dans le processus DDR-SSR a aussi été débattu. Les participants ont voulu savoir si le DDR prend en compte le problème migratoire et le chômage. D’autres jeunes ont demandé si la RSS est basée sur l’approche des droits de l’Homme (ex. libre circulation). Les représentants du gouvernement ont invité les jeunes à s’impliquer dans le suivi de la mise en œuvre de la stratégie nationale de SSR.

Pendant les travaux de groupe, les jeunes ont insisté sur l’importance de l’inclusion et la citoyenneté au-delà des origines ethniques, de langues ou de couleur. Les experts de la MINUSMA ont expliqué les différentes composantes de la sécurité y compris la sécurité humaine.

Après la restitution qui a évalué le niveau de compréhension des participants sur les thèmes présentés, les facilitateurs du Mouvement Maliden ont pu collecter auprès des 120 jeunes les propositions d’activités futures convertibles en projets ou programme d’action, à savoir : formations des jeunes en entreprenariat; création des activités génératrices de revenus pour les femmes en milieu rural ; réinsertion socio-politique et économique des talibés; facilitation d’accès aux services sociaux de bases aux populations locales ; mettre en place un programme de protection des femmes et filles; l’action de volontariat; la valorisation de la richesse interculturelle au profit de la paix et la non-violence, la répartition égale des ressources de l’état et la réforme institutionnelle et administrative.


Moussa Haidara a présenté l’état des lieux du Processus de DDR pour les 6 régions ciblées, depuis l’établissement des organes et allocation des ressources nécessaires, passant par le DDR accélérée des combattants des trois MOC en novembre 2018 jusqu’à la dernière opération qui cible les anciens militaires membres des FAMa. « On a pu enregistrer environ 1425 combattants sans incident majeur malgré les difficultés rencontrées. Notre préoccupation est que le DDR apporte une contribution à la paix et la stabilité au Mali », a-t-il précisé. Mr. Haidara a souligné que le DDR est un espace non seulement de dialogue mais aussi de développement au profit des communautés d’accueil et des ex-combattants (ex. fourniture d’eau potable et services de santé) notamment à travers les projets RVC. Près de 07 millions de dollars financés par la Banque Mondiale, seront alloués très bientôt pour réaliser les besoins des communautés.

Le DDR est un pilier de l’Accord pour la paix et la réconciliation, qui englobe les volets, défense et sécurité, développement socio-économique, réformes politiques et intentionnelles ainsi que la justice et la réconciliation. Ousmane Traore, président du mouvement national Malien a précisé que le DDR est une des solutions à la crise et la réconciliation est un facteur important pour tous les Maliens.

Pour le chercheur Hafizou Toure, « ce que les jeunes peuvent faire c’est sensibiliser les autres jeunes sur le processus et les accompagner, faire la veille citoyenne et mener des actions qui faciliterons le DDR-RSS ». Les jeunes sont capables d’effectuer le plaidoyer auprès du gouvernement face aux insuffisances des ressources. D’après Mr. touré, « il est important de transférer les connaissances que vous aviez acquises vers les autres jeunes dans vos zones respectives en utilisant les radios et les causeries ». Il a aussi recommandé d’investir dans la jeunesse, qui est une priorité pour l’Unité Africaine et les Nations Unies. Les jeunes sont acteurs et victimes du conflit, un participant a exprimé. Les participants ont suggéré de traduire l’accord, le processus SSR-DDR et tenir des dialogues communautaires dans les langues locales.



À la cérémonie de clôture de l’atelier le 02 Mars, le président du mouvement a félicité la MINUSMA pour l’appui incontournable apporté à la société civile et la jeunesse Malienne. Mr. Francis Somda, Chef par intérim de la Section SSR-DDR a tenue à remercier les jeunes pour leur présence massive et l’intérêt porté à cette thématique. Il a aussi remercié le directeur national de la jeunesse et les autres représentants du gouvernement pour leur engagement actif.

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